Transformons la culture !

Groupes de travail du club de Rome

19H, ENTREE LIBRE

En 1972, une équipe de scientifiques du MIT, sous la direction de Donella et Dennis Meadows, publient "Les limites à la croissance (dans un monde fini)". Ce premier rapport du Club de Rome, créé en 1968 par Antonio Peccei et Alexander King, met en lumière les risques systémiques à l’échelle de la Terre associés à l’expansion sans frein d’un modèle de société basé sur la consommation de masse et construit sur l’exploitation non régulée des ressources naturelles, l’intensification du recours aux énergies fossiles et la recherche de la productivité dans tous les domaines. Ce rapport est publié la même année que la Déclaration de Stockholm et la Conférence des Nations Unies sur l’environnement qui appellent à cesser « par ignorance ou par négligence, (de) causer des dommages considérables et irréversibles à l'environnement terrestre dont dépendent notre vie et notre bien-être ».

 

De nombreux traités internationaux, conventions et réglementations ont répondu à cette prise de conscience. Pourtant, une comparaison, réalisée en 2021, des données disponibles correspondant aux évolutions planétaires en cours avec les scénarios envisagés par le rapport Meadows permet d’estimer que le scénario « Business as usual », prédisant un effondrement global avant 2040 demeure le plus vraisemblable, et qu’il reste peu de temps avant de ne plus pouvoir infléchir cette trajectoire planétaire. Ce diagnostic fait directement écho aux alertes successives lancées ces derniers années par les scientifiques du GIEC et de l’IPBES. La présente décennie déterminera comment, et vers quoi, le monde basculera.

 

Or, comme nous avons pu le constater, depuis 50 ans, les informations et modélisations scientifiques, quelles que soient leur rigueur et leur pertinence, ne sont pas suffisantes pour motiver le renoncement aux valeurs et aux modes de vie qui justifient, au nom du développement et de la croissance, le renforcement et la banalisation de rapports violents et destructeurs à la biosphère dont nous dépendons. De profondes évolutions culturelles sont nécessaires pour se laisser affecter par les implications des connaissances issues des sciences, pour sentir et agir en fonction de ce que nous savons, pour apprendre à (ré)intégrer dans nos quotidiens les rythmes et les limites de la Terre, et pour passer, en somme, d’une société fondée sur la prédation, la compétition et le parasitisme à une société fondée sur le commensalisme, le mutualisme et la symbiose.

 

C’est pourquoi en partenariat avec Arviva – Arts vivants, Arts durbales, ECOPROD, le festival Idéal au Potager du Roi de Versailles et Zone Sensible à Saint-Denis, le Comité français du Club de Rome appelle aujourd’hui à identifier et mobiliser les leviers culturels des transformations écologiques de nos sociétés.  

 

Artistes, praticiens, professionnels, chercheurs et publics se réuniront cet été autour de ces 3 axes de travail :

  • Imaginer de nouvelles manières d’habiter la Terre : comment la culture et les arts peuvent-ils nous conduire à placer la préservation et la restauration de la biosphère au cœur de nos modèles de société ? Comment peuvent-ils nous donner à expérimenter et à pressentir des formes d’organisation sociale et des façons d’être humain reposant sur des relations pacifiées de cohabitation avec les autres vivants ? Quels scénarios peuvent-ils nous aider à élaborer pour cela ?

  • Constituer des publics engagés, concernés, capables de se mobiliser, conscients de leurs compétences et soucieux de contribuer à la transformation de leurs communautés : comment les artistes et les institutions culturelles peuvent-ils favoriser l’émergence de formes originales de démocratie contributive ? comment accompagner la diffusion d’un « sens commun » écologique dans nos sociétés ? 

  • Instaurer des modalités économiques et institutionnelles appropriées pour favoriser la création, la valorisation et la transmission de pratiques culturelles transformatrices : comment le secteur culturel doit-il se transformer pour devenir un puissant moteur de redirection écologique au sein des sociétés contemporaines ? 

 

Les conclusions et préconisations issues de ces réflexions seront rassemblées et publiées dans un rapport au Club de Rome international à l’occasion du cinquantenaire du rapport Meadows.